Gilets Jaunes et Démocratie

Depuis 1958 tous les gouvernements, de droite comme de gauche, ont multiplié les lois attentatoires aux libertés individuelles, les dépenses pharaoniques, les abus de pouvoir, précipitant la France dans une crise économique et sociale de grande ampleur. Ils ont tiré sur la ficelle jusqu’à provoquer, fin 2018, une révolte populaire approuvée, à ses débuts, par 80% des Français.

Les Gilets Jaunes (et le peuple français dans son ensemble) font preuve d’une maturité politique remarquable en réclamant la mise en place de la démocratie directe (Référendum d’Initiative Citoyenne, RIC). En l’occurence, ce ne sont pas les Gaulois qui sont allergiques aux réformes, mais les gouvernants.

Les Français sont un peuple évolué lourdement handicapé par un pouvoir politique indigne d’un pays développé. Contre le RIC, les politiciens des partis de gouvernement vont hurler au populisme, jouer le pourrissement du mouvement GJ et défendre leurs privilèges jusqu’au bout. Les chances de remplacer leur « dictature des élus » par une démocratie paraissent donc, malheureusement, très faibles.

C’est d’autant plus regrettable que l’on aurait bien vu un Président qui s’est fait élire avec un programme intitulé « révolution démocratique », introduire, dans la Constitution, quelques dispositions de base garantissant une souveraineté effective de la population. Sans, pour autant, désorganiser la vie politique nationale. Voici, à titre indicatif, ce que nous aurions souhaité :

- La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple qui l’exerce par la voie du référendum.

- Les élus (nationaux et locaux) disposent d’une délégation de pouvoir pour légiférer et gouverner, mais toutes leurs décisions (lois, décrets etc) sont amendables ou annulables par référendum. 

- La Constitution ne peut être approuvée ou modifiée que par référendum. 

- Une mesure prise par référendum ne peut être modifiée ou annulée que par référendum.

- Toute loi nouvelle doit être soumise au Conseil d’État. En cas d’avis défavorable, elle ne peut entrer en vigueur que si elle est approuvée par référendum.

- Les budgets publics doivent être soumis aux Cours des Comptes, nationale et régionales. En cas d’avis défavorable, une ligne budgétaire ne peut être mise en place que si elle est approuvée par un référendum.

Les subventions doivent être autorisées individuellement par référendum. Un budget en déficit ne peut être mis en place que s’il est approuvé par un référendum.

- Démocratie locale. La dénomination, le périmètre, l’organisation, les programmes et les plans d’urbanisme et d’équipement des institutions locales (des municipalités aux régions) sont soumis au vote des populations concernées.

- Des référendums peuvent aussi être organisés sur initiatives citoyennes, nationalement ou localement.

 

Remarque :

Nombre d’organismes de la haute administration française qui résistent très bien à la gabegie ambiante, méritent notre respect : le Conseil d’État et la Cour des Comptes, en particulier. Le Conseil fait une critique fondée et sévère de la qualité et du trop grand nombre des lois qui paralysent la France. La Cour dénonce les dépenses publiques injustifiées qui ruinent la France. Mais leurs observations ne sont suivies d’aucun effet, les avis du Conseil et de la Cour étant seulement consultatifs.

Ces institutions, si on leur donne le pouvoir de rejeter les lois inutiles ou de mauvaise qualité et les lignes budgétaires douteuses, pourront jouer un rôle éminent dans notre démocratie future. Il s’agit là d’une réforme très simple que le gouvernement actuel serait bien inspiré de mettre en place dès à présent, ne serait-ce que pour ramener le calme. Et puis, mettre fin au délire législatif, supprimer les dépenses débiles et les détournements provoquerait un boom économique sans précédent dans ce pays ruiné qui en a tellement besoin.

 

Famille