Pourquoi la démocratie (directe)

Il existe une relation forte entre la nature des systèmes politiques et les résultats obtenus par les gouvernants :

- les nations les plus démocratiques sont les plus pacifiques et les plus développées,

- les peuples dirigés par des gouvernements autoritaires ont les pires conditions de vie.

Il ne s’agit pas d’une simple corrélation mais d’un mécanisme implacable : les pouvoirs dirigistes sont tous, par nature, délinquants, impuissants et incompétents.

DÉLINQUANCE DES POUVOIRS NON-DÉMOCRATIQUES, LUTTES DE CLASSES

Une lutte de classes, c’est la tromperie ou la violence faite à une classe dominée par une classe dominante pour la dépouiller d’une partie de son revenu ou de son patrimoine. 

Classe des gouvernants exploiteurs

C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. (De l’esprit des lois. Montesquieu, 1748). Dès lors que des gouvernants ont le monopole du pouvoir, ils en profitent pour “plonger les doigts dans le pot de confiture“. Derrière leur paravent idéologique ou religieux, les partis politiques ne sont pas des machines à gouverner mais des machines à distribuer des investitures, des faveurs, des pouvoirs, des privilèges, des sinécures et des subventions.

Autres classes d’exploiteurs

Pour désarmer des oppositions, trouver des complicités, détourner l’attention, la classe des politiciens suscite ou tolère l’apparition d’autres classes d’exploiteurs (dirigeants d’associations, d’entreprises, de fédérations sportives, d’organismes sociaux, de syndicats, monopoleurs etc). Parce qu’on revient rarement sur les avantages acquis, le nombre de ces profiteurs tend “naturellement“ à augmenter, leurs prélèvements aussi.

Le terme de “bourgeoisie“ convient merveilleusement pour désigner tous ces notables mais, derrière cette façade, il n’y a pas un groupe social homogène mais des réalités juridiques bien précises. Chacune de ces castes d’exploiteurs a son statut légal particulier, son permis d’exploiter. Parfois même, le silence de la loi suffit : en n’interdisant pas tel abus de position dominante, tel conflit d’intérêts, telle incompatibilité, on provoque automatiquement l’exploitation d’une classe par une autre.

La lutte imaginaire entre une “bourgeoisie“ et un “prolétariat“ qui n’existent pas, est une version fausse et simpliste des luttes véritables menées par de multiples classes de profiteurs légaux contre de multiples classes de citoyens sans défense.

S’il n’était pas perverti par les abus de position dominante, provoqués ou tolérés par le pouvoir, le “capitalisme“ ne serait qu’un ensemble de moyens techniques pratiques et efficaces au service du développement économique des nations.

IMPUISSANCE DES POUVOIRS NON DÉMOCRATIQUES, LUTTES ENTRE EXPLOITEURS

La vie politique des régimes non démocratiques est un enchevêtrement de luttes d’une extrême complexité dont le peuple est toujours la victime finale. 

Aux luttes des gouvernants-exploiteurs contre les gouvernés-exploités se superposent de multiples luttes entre exploiteurs. Luttes entre partis politiques, luttes entre politiciens d’un même parti, pour conquérir le pouvoir et les bénéfices du pouvoir. Luttes de minorités à fort pouvoir de nuisance contre les gouvernants pour obtenir, accroître ou défendre des pouvoirs et des privilèges.

Ce partage tumultueux du pouvoir entre les gouvernants et d’autres classes d’exploiteurs explique le paradoxe de l’État autoritaire : fort sur le papier, impuissant dans la pratique.

Il est assez naturel que les victimes du système soient de simples citoyens parce qu’ils n’ont pas les moyens de se défendre, mais il y a une autre raison, purement arithmétique : les vrais riches étant très peu nombreux (bien moins de 1 % de la population), la production des non-riches représente la quasi totalité de la richesse d’un pays. C’est pourquoi l’exploitation consiste essentiellement à spolier un grand nombre de gens dont les moyens sont modestes.

Plus ou moins bien dissimulées par la propagande idéologique, les luttes de classes accablent les peuples des pays non démocratiques.

Vous qui visitez ce site, vous vous êtes certainement rendu compte que nos “luttes de classes“, analysées brièvement ci-dessus, n’ont pas grand chose à voir avec la “lutte-des-classes-bourgeoisie-contre-prolétariat“, théorie fausse imaginée au 19ème siècle. Et que ce nouveau schéma explicatif des mouvements politiques, économiques et sociaux rend bien mieux compte des diverses péripéties de l’Histoire, ancienne ou contemporaine.

INCOMPÉTENCE DES POUVOIRS NON DÉMOCRATIQUES

Plus ses prélèvements sont importants et nombreux, plus un pouvoir politique est amené à s’immiscer dans les activités privées (pour renforcer son autorité et mettre la main sur les flux financiers).

Et lorsqu’un état entreprend de tout diriger, il lui est matériellement impossible de prendre en considération des millions de cas particuliers et donc de traiter chacun d’eux avec une efficacité acceptable. Même s’il dispose des meilleurs cerveaux, des ordinateurs et des systèmes de télécommunication les plus performants.

Voilà pourquoi les quelques centaines de surdiplômés, énarques, normaliens et polytechniciens, qui, en France, ont la main sur les leviers de commande, gouvernent si mal. Nettement plus mal que ne le ferait la population dans son ensemble. Un journaliste a plaisamment résumé cette supériorité de l’homme de la rue sur les hommes de pouvoir : il faut se méfier de l’opinion publique, elle a assez souvent raison.

Dommages provoqués par les ingérences étatiques

Un État qui intervient à tout propos et hors de propos dans les activités privées est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine :

La complexité administrative, fiscale, a un coût, l’OCDE a calculé que cela représentait en France 60 à 80 milliards d’euros… 2.000 lois en France, 26.000 décrets et 16.000 pages de circulaires sont produits par an. Il est impératif  d’obtenir une réduction du débit du flux et peut être même du stock… Les mêmes renseignements peuvent être demandés 15 fois par des administrations différentes. (François Hollande, Président de la République, extraits du discours du 9 janvier 2014)

Un petit entrepreneur passe en moyenne 50 jours ouvrés à faire de la paperasse et remplit en moyenne 70 déclarations. (Frédéric Lefebvre, Secrétaire d’État au Commerce et à l’Artisanat de 2010 à 2012)

Les excès de la bureaucratie qui ont inspiré bien des auteurs, de Courteline à Kafka, fait le malheur d’innombrables administrés, sont extrêmement coûteux pour les collectivités nationales.  

DÉSORDRES NATIONAUX ET INTERNATIONAUX

Le coût faramineux de la délinquance, de l’impuissance et de l’incompétence des États non démocratiques est à l’origine de leurs résultats catastrophiques et de la plupart des désordres du Monde actuel.

Pendant les trente glorieuses on a payé la croissance avec de l’inflation et du déficit. C’était facile, on était les rois du monde, les pays pauvres payaient nos turpitudes à notre place. Sans oublier nos classes défavorisées qu’on roulait dans la farine; elles aussi réglaient l’addition puisqu’avec l’inflation on carottait leurs salaires et elles économisaient toute leur vie pour rien (Jacques Chirac, Président de la République, cité par Franz-Olivier Giesbert, Derniers Carnets, Éditions Flammarion).

Désordres nationaux

Les conséquences de l’autoritarisme étatique sont à peu près de même nature, d’un pays à l’autre :

désorganisation de la production, chômage, exclusion, pauvreté, délinquance, désordres, crises, pénuries, surproductions, gaspillages, productions dangereuses ou polluantes, désaménagement du territoire etc.

Désordres internationaux, “impérialisme“

Les grands pays dirigistes sont les premiers et les principaux responsables des troubles internationaux, parce que leur politique étrangère consiste, pour l’essentiel, à se défausser de leurs désordres internes sur d’autres pays.

L’impérialisme à l’importation remédie à des pénuries en dépouillant des pays tiers de produits rares.

L’impérialisme à l’exportation se débarrasse de productions nationales excédentaires, inutiles ou dangereuses, en obligeant des pays étrangers à les laisser entrer sur leur territoire.

L’impérialisme financier met à profit la spéculation qui fuit des monnaies faibles vers les monnaies fortes, pour s’endetter facilement et à bon compte sur le marché international.

Les victimes de l’impérialisme sont, tout particulièrement, les pays du Tiers Monde. Leur activité principale, l’agriculture, subit de terribles dommages, ils sont obligés de se défaire de leurs matières premières. Ils sont déstabilisés et maintenus en état de sous-développement. Plusieurs milliards d’êtres humains y sont des migrants potentiels.

Contre-impérialisme

Comme la corruption et l’intimidation suffisent, en général, pour étouffer dans l’oeuf toute velléité de résistance des dirigeants des pays pauvres, le contre-impérialisme : drogue-immigration-terrorisme provient essentiellement de réactions de désespoir des populations.

Même les grandes puissances sont incapables de s’en protéger :

La lutte contre la production et les trafics de stupéfiants est une longue suite de victoires inutiles, lorsque l’on parvient, au prix des pires difficultés, à neutraliser un baron de la drogue, une filière, des cultures, d’autres apparaissent aussitôt.

En dépit de tous les barrages dressés pour faire obstacle à l’immigration clandestine, les frontières sont des passoires.

Quelques pays du Tiers Monde ont été mis à feu et à sang sans que la menace terroriste ait sensiblement diminué.

Tant que, dans les grands pays développés, le pouvoir sera monopolisé par des politiciens et des minorités à fort pouvoir de nuisance, une amélioration sérieuse de leurs résultats économiques, écologiques et humanitaires est tout à fait improbable. Il faut plutôt s’attendre à la poursuite des désordres nationaux et internationaux au moins au rythme actuel et peut-être, même, à quelques guerres atomiques.

Pour sortir de cette situation, il n’y a pas trente-six solutions mais une seule : la démocratie directe.

Nous connaissons le peu d’enthousiasme des Français pour la démocratie. Nombreux sont ceux qui pensent que leurs parents, leurs voisins, leurs collègues, leurs concitoyens, sont trop stupides pour être invités à participer au gouvernement de leur pays. Et qu’il vaut mieux faire confiance à des politiciens professionnels, voire à des hommes providentiels.

Ils se trompent complètement : on peut corrompre un responsable, plusieurs responsables, pas toute une population.

La collectivité des Français serait bien plus efficace que n’importe quel pouvoir central parce que chaque citoyen se déterminerait en fonction des réalités de sa propre situation, sans que la perspective d’un quelconque “pot de vin“ puisse influer sur ses décisions.

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