Révolution ou Evolution ?

Une bonne partie de l’humanité rêve du grand soir qui précipitera l’avènement d’un monde meilleur. C’est tout à fait compréhensible mais parfaitement irréaliste.

Les peuples qui ont liquidé les rois, les nobles, les prêtres, les dictateurs ou les bourgeois n’ont pas été plus avancés pour autant. Après des souffrances terribles, ils se sont retrouvés exploités par de nouvelles classes dirigeantes parfois plus avides que les précédentes.

Changer les hommes ou les idéologies ne sert à rien. C’est le système politique qu’il faut démocratiser.

 

LA RÉFORME DES RÉFORMES

Pour faire entrer un régime dans l’univers de la démocratie, il suffit d’introduire, dans sa Constitution, les dispositions de base qui garantissent une souveraineté effective de la population :

- La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple qui l’exerce par la voie du référendum.

- Les représentants du peuple disposent d’une délégation de pouvoir pour légiférer et gouverner, mais toutes leurs décisions ( lois, décrets etc ) sont amendables ou annulables par référendum.

- La Constitution ne peut être approuvée ou modifiée que par référendum. 

- Une mesure prise par référendum ne peut être modifiée ou annulée que par référendum.

- Les élus ont le pouvoir et, dans certains cas, le devoir d’organiser des référendums, les référendums peuvent aussi être organisés sur initiatives citoyennes.

 

Avec les techniques actuelles de traitement et de transmission de l’information les consultations publiques n’auront plus leur lourdeur traditionnelle. Débats, sondages d’opinion et votes pourront être réalisés facilement sur des sites Internet sécurisés.

 

AUTRES RÉFORMES, SÉQUENCE OPTIMALE

Planifier la démocratisation d’un pays c’est choisir, parmi une infinité de mesures, le programme le plus adapté au contexte national concerné. L’ordre idéal est celui qui minimise contestations et troubles.

Des réformes initiales bien accueillies et mises en œuvre avec succès ont un effet secondaire positif, elles contribuent à rendre acceptables d’autres mesures, auparavant impopulaires : supprimer les trappes à pauvres d’un système d’assurance chômage devient indolore quand on a, au préalable, réussi à rétablir le plein emploi.

 

STRATÉGIE DES MOUVEMENTS DÉMOCRATIQUES

Si les partisans de la démocratie directe parviennent à convaincre l’opinion publique, les gouvernants, qui ont l’œil rivé sur les sondages, n’oseront pas résister.

Renverser un gouvernement, si critiquable soit-il, est rarement une bonne stratégie. Comme il a le pouvoir de modifier les lois et la constitution, réfléchir, coopérer, traiter avec lui ou le mettre sous pression, est bien plus avantageux. À condition de ne pas exiger des réformes trop coûteuses, trop brutales, trop risquées, il est possible d’obtenir, sans violence, des avancées substantielles.

Si des partis démocratiques accèdent au statut enviable de “parti charnière”, ils pourront négocier des réformes avec les gouvernements. Il faut espérer qu’ils ne se contenteront pas de décrocher des portefeuilles ministériels.

Il n’est pas nécessaire que les partis démocratiques prennent le pouvoir, ce serait peut être, même, inapproprié. La nature humaine étant ce qu’elle est, des démocrates sincères sont susceptibles de succomber à la griserie des super-pouvoirs, de la célébrité et des “ors des palais de la République”. Dans le passé, nombre de révolutionnaires purs et durs, sont devenus, du jour au lendemain, des exploiteurs impitoyables.

Dans tous les cas, la pression d’une opinion nationale fermement convaincue de la nécessité d’une démocratisation des institutions est indispensable. 

 

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