Définitions

A peu près tous les gouvernements se prétendent démocratiques. Les pires dictatures n’hésitent pas à s’affubler d’appellations ambitieuses, parfois jusqu’au double pléonasme : “Républiques”, “Démocraties Populaires”, “Républiques Démocratiques” ou “Républiques Démocratiques et Populaires”.

Le “Kampuchéa démocratique” a torturé et massacré plus d’un quart de sa population. La “République du Zimbabwe”, autrefois grenier à blé de l’Afrique australe, est la dernière dans la liste des pays classés selon l’indice de développement humain du « Programme des Nations Unies pour le Développement ».

D’autres impostures sont moins évidentes, pour y voir clair, il faut revenir aux définitions.

C’est finalement très simple :

Régimes autoritaires : le pouvoir appartient au(x) dirigeant(s). 

Démocratie : le pouvoir appartient aux citoyens. 

Démocraties directesle peuple exerce lui-même sa souveraineté au moyen de votations.

Démocraties représentatives : le peuple exerce sa souveraineté par l’intermédiaire de représentants élus.

Dans la plupart des démocraties dites “représentatives“ les gouvernants prennent toutes les décisions et le peuple aucune, jamais. Évidemment, ce ne sont pas des démocraties mais des dictatures. 

Dictatures des élus et propagande

Pour dissimuler la véritable nature de leur pouvoir, les politiciens de tous bords et les médias qu’ils contrôlent pratiquent une communication obsédante.

Le mot “démocratie“ est utilisé à tous propos et hors de propos pour qualifier ces régimes qui, bien entendu, ne le méritent absolument pas. L’élection des gouvernants au suffrage universel, même truquée, même précédée d’une cooptation maffieuse, est présentée, contre toute évidence, comme une preuve de démocratie.

Les abus de pouvoir des gouvernants, les abus de position dominante des grands opérateurs économiques, sont dissimulés ou minimisés. Les démonstrations de force, dans la rue, de minorités à fort pouvoir de nuisance, sont légitimées au nom d’un “droit démocratique de manifester ». Les rares “démocraties directes“ sont dénigrées.

Particularité sociologique remarquable : dans son ensemble, la population des diplômés d’études supérieures est favorable à la dictature des élus et hostile à la démocratie directe.

La proportion de bébés intelligents est la même dans toutes les classes de la société. Comme ce sont principalement, les enfants des classes aisées qui accèdent aux études supérieures, le système fabrique, quasi automatiquement, des élites instruites comportant une forte proportion d’individus aux aptitudes insuffisantes. Ces privilégiés se sentent probablement solidaires du système politique et social qui les a favorisés et pensent, sans doute sincèrement, qu’il serait suicidaire de confier le pouvoir politique aux masses ignorantes.

Il y a, de ce fait, entre les pouvoirs non démocratiques, les opérateurs économiques en position dominante, les minorités à fort pouvoir de nuisance et la majorité des intellectuels, une complicité naturelle, une alliance contre le peuple des sans-pouvoir, des sans-éducation.

Voilà pourquoi la démocratie directe a tant de mal à s’imposer alors que ses avantages sont tellement évidents (en particulier pour un pays comme la France qui a une frontière commune avec une démocratie directe de 8 millions d’habitants, incroyablement plus pacifique et plus prospère qu’elle, bien que ses richesses naturelles soient très inférieures).

Pour résister à ce torrent de désinformation les simples citoyens doivent faire preuve d’une indépendance d’esprit et d’une maturité remarquables. Que les Gilets Jaunes, approuvés initialement par 80% des Français, aient réclamé la démocratie directe, peut, dans un tel contexte, être considéré comme un véritable miracle.

Cette supériorité du peuple sur ses dirigeants n’est pas un phénomène exclusivement français, elle se manifeste dans de nombreux pays où les dictatures des élus, destabilisées, ont de plus en plus de mal à légitimer leur existence.

Malgré la résistance des “élites“ en place, cela annonce, inévitablement, une démocratisation des régimes politiques.

 

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